Le vélo sonnera trois fois

Nous n’avons passé que quelques heures en Slovénie (quatre pour être précise), mais l’itinéraire que nous avons suivi m’a tellement plu que j’ai choisi de prendre le temps de vous raconter un peu. Nous avons quitté Trieste et l’Italie avec comme souhait de rejoindre la Croatie via un itinéraire cyclable trouvé en lisant différents blogs de cyclotourisme : la Parenzana.

Cette voie verte (pour piétons et cyclistes) relie Trieste à Poreč (prononcer « poretch » avec un r roulé à l’italienne) en Croatie en passant par la Slovénie, et emprunte pour cela le tracé d’une ancienne ligne de chemin de fer, elle-même nommée la Parenzana. Ce nom lui vient du nom italien de Poreč, Parenzo. La Parenzana, c’est donc la voie qui mène à Poreč. Joli, non ? Aujourd’hui, cette voie fait 123 kilomètres de long, et nous avions ainsi prévu de relier en une seule (grosse) étape Trieste à Poreč, en passant par Koper et Isola en Slovénie. Mais, comme souvent, et c’est sans doute tant mieux, cela ne s’est pas tout à fait passé comme on s’y attendait.

Salomé et James Joyce, rencontre  à Trieste

Salomé et James Joyce, rencontre à Trieste

Après un au revoir (et à bientôt ! ) à Milad et à Trieste (et à James Joyce), nous partons avec en tête l’objectif de passer la prochaine nuit en Croatie. Nous souhaitons alors rejoindre le port de Muggia, plus au sud, d’où part actuellement la Parenzana. L’Office de Tourisme de Trieste déplore lui aussi la situation : « Oui, on sait que sur le site il est écrit qu’elle part de Trieste, mais ce n’est pas encore vrai. » Ah. Très bien. On nous conseille de prendre un ferry jusqu’à Muggia, mais pas de ça pour nous, haha ! On préfère mille fois se perdre un peu ! Premiers kilomètres difficiles, on s’embarque sur une bretelle qui mène vers l’autoroute avant de réaliser notre erreur et de retrouver notre chemin. Il faut dire que se perdre à Trieste se paie directement en mètres de dénivelé. Assez vite, on retrouve des petits panneaux qui nous indiquent la direction à suivre pour retrouver la Parenzana.

En route vers Muggia !

En route vers Muggia !

Enfin, on arrive devant le panneau indiquant le début de la voie verte ! Victoire ! Ou presque, c’est seulement le début de la journée… C’est l’occasion de faire un peu d’histoire. La voie ferrée dont la voie verte suit aujourd’hui le tracé a été construite au début du XXe siècle, alors que tout ce territoire faisait encore partie de l’Autriche-Hongrie. Elle permettait de transporter passagers et marchandises à travers les collines grâce à des tunnels et des ponts, offrant un superbe panorama à qui l’empruntait. Aujourd’hui, elle fait le bonheur des piétons et des cyclistes qui peuvent l’emprunter en toute tranquillité, entre Italie, Slovénie et Croatie.

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Enfin !

Nous nous élançons donc sur la piste, surnommée la « voie de la santé et de l’amitié » (ce sont les panneaux qui le disent). Beau programme pour cette journée ! Après quelques kilomètres et une première montée dans les collines, on passe en Slovénie.

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Arrivée en Slovénie

La première personne rencontrée est un vieux monsieur qui travaille dans son potager, accompagné par ses deux chiens. C’est d’ailleurs assez représentatif de ce que nous avons vu de la campagne slovène : des collines portant des vignes et beaucoup de petits potagers (dans les villages, tout le monde a le sien, et ils sont vraiment beaux !). Assez vite, on arrive à Koper. Après un petit détour (sinon c’est pas drôle), on suit la Parenzana qui longe la côte. La piste est vraiment séparée de la route et on profite de la vue sur la mer et sur le reste de la côte. On aperçoit le port de Trieste, en face.

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La Parenzana après Koper

On atteint ensuite Isola, petite station balnéaire très mignonne. A partir de là, la piste rentre un peu dans les terres, et serpente entre les vignes.

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Vue sur Isola

On passe une journée très agréable sur cet itinéraire. Seul point négatif : en Slovénie, il semblerait que les scooters n’aient pas compris le concept de voie réservée aux véhicules non-motorisés. On a beaucoup apprécié le fait de pouvoir prendre des tunnels en toute sécurité et en descente. Ça donne l’impression d’être dans un parc d’attractions pour cyclistes !

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Wouhou !

La Parenzana en Slovénie, on en redemande ! C’est vraiment bien aménagé, bien balisé, et très très joli. Mais il faut penser à quitter la Slovénie pour la Croatie. Nos derniers kilomètres se font dans un estuaire où l’on découvre un paysage de salins. Il y a même un musée sur l’histoire de la culture du sel dans la région. Le sel faisait d’ailleurs partie des biens transportés par les trains de la Parenzana.

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Derniers moments en Slovénie

Le passage de la frontière à vélo nous fait bien rire. On se faufile entre deux camping-cars, on fait un tour gratuit et on papote avec le douanier slovène qui parle un peu français.

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Rien à déclarer

Au revoir la Slovénie ! On n’a passé que quelques heures sur ta côte, mais on a beaucoup apprécié les paysages, les quelques personnes qu’on a croisées et saluées sur notre chemin, et surtout cette piste très agréable.

Bonjour la Croatie ! On commence par s’élever sur une piste de caillasse, dans la mauvaise direction, mais pour pouvoir admirer la vue sur l’estuaire.

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La jolie frontière

Effectivement, c’est très beau, mais l’heure tourne et on préférerait avancer vers Poreč. Ça ne s’arrange pas avec la « redescente ». On s’enfonce de plus en plus sur des sentiers de VTT, où la caillasse se transforme en bouillasse. Entre ça, la pente, et les détours que nous fait faire la Parenzana croate, c’en est trop. On quitte la piste pour la route, direction Poreč. Peu de trafic sur les routes d’Istrie, la péninsule au Nord-Ouest de la Croatie, ce qui n’est pas pour nous déplaire. On découvre assez vite le goût de la Croatie pour les pentes. Pas ou peu de lacets. Qu’il faille monter ou descendre, c’est souvent tout droit, pour le meilleur (on atteint pour la première fois les 50 km/h, notre record de vitesse actuel) et le pire, quand il s’agit de monter jusqu’au sommet de collines comme celle sur laquelle est perchée la ville de Buje.

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Buje, perchée sur les hauteurs

Après une crevaison (Salomé 3 – 0 Rémi), on file enfin vers la côte puis vers Poreč. On s’amuse devant la prolifération de panneaux indiquant le camping naturiste le plus proche, et on souffle bien dans les montées. La côte d’Istrie est très belle, et même s’il est déjà tard, on savoure l’arrivée vers Poreč.

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Derniers kilomètres

On y est accueillis par Zoran, notre premier hôte en Croatie. Après cette grosse journée, une belle piste cyclable et un passage un peu rapide en Slovénie, nous avons une belle soirée en perspective. Demain, nous nous lançons à la découverte de ce nouveau pays ! Doviđenja ! (au revoir en croate, prononcer « dovidjenia »)

10 commentaires

  1. je suis votre trajet au jour le jour – je vous admire – je vous fais à tous les 2 de gros bisous – très bons commentaires
    y vannier

  2. super, cet article ! Les photos sont magnifiques 😀 J’ai adoré l’anecdote reçue par mail et je suis en train de vous préparer ma partie du défi avec un grand plaisir !

    Bonne route 😀

  3. Merci encore mille fois pour vos récits et photos… Tout ça fait vraiment rêver… Mille bises…

  4. Pas beaucoup de musiciens jouant de leur instrument sur la Parenzana, je suppose… 🙂
    Toujours un régal de vous lire et de découvrir ces belles photos de vous et des paysages que vous traversez.
    De gros baisers à tous les deux!
    Nathalie

  5. Les photos sont superbes, j’ai hâte de voir celles à venir…
    Bon courage
    Eric

  6. J’ai visité en voiture en Avril la Croatie et c’était magnifique, j’imagine pas les trucs oufs que vous devez être en train de découvrir à vélo. C’est sans doute la meilleure façon de découvrir ce pays. J’espère qu’il vous fait beau! Vous êtes les meilleurs! 🙂
    Bisous
    Jaime

  7. Et je vois que vous approchez Dubrovnik! Trop cool!! 🙂 On attend votre prochain post. 😉

  8. Ca fait bizarre de voir la photo d’un endroit où on est déjà passé… la route entre Koper et Isola.
    En tout cas c’est une bien belle aventure que vous êtes en train de vivre. Je vous souhaite plein de bonnes choses.

    Séb.

  9. Merci pour ce partage ,nous pouvons voyager assis devant l’écran .
    Admiratifs et souvent émus en vous lisant .
    Bon courage à vous deux,nous vous envoyons le plein d’énergie si nécessaire et à bientôt … Bises
    Les PAIRE , Colombier en Brionnais une étape sur le début du périple…

  10. Pingback: 9 tours du monde à vélo qui nous inspirent - Bikester.fr

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