De l’autre côté du golfe

Pour conclure notre séjour en Iran, nous passons quelques jours chez Ali, qui possède son magasin de tapis à Bandar Abbas. Nous avons ensuite prévu de prendre le ferry depuis cette ville jusqu’à Sharjah, aux Emirats Arabes Unis ! Obtenir un billet n’est pas très compliqué, mais il faut se rendre au bon bureau : ce n’est ni en centre-ville, ni au port, mais entre les deux, à environ 1 km à l’est du port. Si nous avions eu cette information plus tôt, cela nous aurait évité quelques allers-retours, mais nous finissons par arriver chez Ali, avec nos billets pour le lendemain soir (la traversée se fera de nuit). Cela nous laisse du temps pour faire connaissance avec ce jeune commercial et ses deux beaux-frères, qu’il héberge actuellement.

Des tapis immenses !

Magnifiques !

Entre cuisine, discussions, dégustation de grenades (on ne s’en lasse pas !), promenade sur la plage et jeux dans les tapis du magasin, le temps file et il est déjà temps de se quitter… On quitte Ali et ses beaux-frères pour emprunter une dernière fois et de nuit la route qui sépare la ville de Bandar Abbas du port, plus à l’ouest. Là, on retrouve deux jeunes auto-stoppeurs allemands déjà croisés hier soir, un couple d’allemands qui voyage en minivan et qui se rend à Oman, et un autre cycliste, bulgare vivant à Paris, qui lui aussi part pour l’Inde ! Que de touristes sur cette traversée pourtant peu fréquentée (une soixantaine de passagers en tout) ! Il y a surtout des Iraniens qui travaillent à Dubai. Plusieurs nous demandent où nous sommes allés en Iran, si ça nous a plu… Dernières touches de gentillesse iranienne.

On embarque !

Derniers pas en Iran

L’embarquement est tardif, mais on parle voyages… Vers 20h, ça y est, on monte sur le ferry. On peut laisser nos vélos dans la cale, par où nous entrons : le bateau, c’est mille fois plus facile que l’avion ! Une fois les vélos bien attachés, on peut monter sur le pont puis dans la salle réservée aux passagers. On y trouve des rangées de sièges individuels semblables à ceux que l’on pourrait trouver dans un bus. Il y a suffisamment peu de passagers pour que Rémi et moi nous réservions toute une rangée (8 sièges !), de quoi nous allonger complètement cette nuit. Le top !

Repas royal dans le ferry

Miam !

Mais avant de dormir, nous avons une surprise : notre dernier repas iranien ! Nous avons en effet droit à un repas, comme dans les avions, mais de très bonne qualité : du riz avec des raisins et du poulet, le tout servi avec du dough et du yaourt. Le rêve ! Nous avons même du mal à finir nos assiettes. Il est déjà 21h, mais toujours pas de signe de mouvement du bateau. Il faut encore attendre. On ne part finalement que vers 22 heures, et c’est depuis le pont que nous regardons le port puis la côte s’éloigner… Que d’émotion ! On se promet de revenir en Iran. Un mois, c’était beaucoup trop court ! La nuit est belle et nous offre plusieurs étoiles filantes. On rentre regarder la fin du Tombeau des Lucioles, puis on dort, enfin on essaie : plusieurs personnes poursuivent leurs discussions assez tard dans la nuit…

Au revoir l'Iran !

Au revoir l’Iran !

Le lendemain matin, réveil assez tôt. On a droit à un petit déjeuner ! Juste après, l’un sort sur le pont pour essayer d’apercevoir les premières tours des Emirats, pendant que l’autre essaie de se rendormir… La skyline se dessine bientôt au loin. Sharjah, Dubai, que nous parcourrons bientôt sur nos vélos. Appréhension et impatience se mêlent. Mais il faut encore faire faire nos visas et passer les douanes.

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On arrive !

La première opération prend facilement une heure. Tous les passagers sont rassemblés dans une salle, devant un seul guichet ouvert. Les femmes passent avant les hommes, mais sans ordre précis. Toutes jouent des coudes pour passer la première. Il faut mettre en place une stratégie pour essayer de passer, tout en gardant son siège ! J’opte pour celle-ci : je reste assise jusqu’à ce que la voie soit libre, je n’ai absolument pas envie de me battre. Une iranienne finit par me prendre en pitié et me fait passer devant elle. Les autres sourient devant mon manque d’expérience. Le visa en lui même est fait en cinq minutes. Rémi peut même passer en même temps que moi !

Minute papillon ! Ce n’est pas fini, il faut de nouveau faire la queue pour passer le mystérieux « eye checking » : les hommes d’un côté et les femmes de l’autre passent tour à tour dans une pièce. En fait, on y vérifie le contenu de notre sac à main, de nos poches, etc. Attention à ne pas transporter de médicaments sur vous si vous n’avez pas l’ordonnance qui va avec. Rémi a même failli se faire confisquer ses bonbons à la menthe !

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Au revoir, le voile !

Le passage de la douane est facile comparé à tout cela. On peut vite s’élancer sur la route, après avoir rechargé nos gourdes : il fait chaud ! D’ailleurs, j’avais presque oublié, mais je peux maintenant enlever mon voile et mon manteau ! Je m’y étais vraiment habituée et ne les ressentais plus comme une gêne, mais sous une telle chaleur, les enlever fait vraiment du bien. J’ai besoin de quelques temps d’adaptation, je me sens un peu nue… Mais je pense vite à autre chose devant l’étrangeté des paysages qui s’offrent à nos yeux. La route est large, mais de chaque côté, il y a du sable. Devant, on fonce vers les buildings de Sharjah. On passe le nez en l’air. Autour de nous, surtout de gros 4×4 bien propres, et quelques bus. Pour nous rendre jusqu’à Dubai, on évite l’autoroute et prend une route un peu plus petite, qui reste une 2×2 ou 3 voies, mais qui traverse la ville, donc où la vitesse est réduite.

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Arrivée à Sharjah

Notre première mission : nous rendre à l’aéroport pour nous enquérir des modalités de transport de nos vélos dans l’avion. Pour cela, pas le choix, nous devons prendre le gros tunnel qui passe sous l’aéroport. On ignore royalement les gros panneaux « interdit aux vélos » et s’élance, dans ce tunnel où ça roule vite, mais où il y a beaucoup de lumière et surtout une bonne bande sur le côté. En pédalant vite, on atteint l’autre côté en quelques minutes. Ouf ! Encore un peu de voie rapide, et on arrive à l’aéroport.

On y apprend que nos vélos ne pourront pas entrer dans l’avion, et que nous devons contacter le département des cargos à Sharjah pour les faire envoyer jusqu’à Mumbai. C’est hors de question. Nous allons tenter le tout pour le tout et les amener avec nous à l’aéroport à l’horaire prévu. C’est avec un petit stress supplémentaire que nous reprenons la route pour nous rendre chez notre hôte, Mohammed. Il vit dans la Cité Internationale de Dubai, au sud-ouest de la ville. Encore une fois, il nous faut emprunter une voie rapide pour nous y rendre. Cette fois, il y a beaucoup de trafic et on a l’impression de jouer nos vies à chaque échangeur. C’est complètement épuisés par le stress que nous arrivons chez Mohammed, dans le cluster français (!) de la Cité Internationale.

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On dirait Paris ! Non ?

La Cité Internationale est un projet immobilier consistant en un immense lotissement construit dans le désert. Il est divisé en plusieurs quartiers (ou clusters), voulant chacun imiter le style architectural d’un pays ou d’une région du monde. En tous cas, pour la France, c’est raté. « En fait, Dubai, c’est un peu comme Marne-la-Vallée » dira Rémi.

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C’est haut !

A peine arrivés, notre hôte nous emmène faire un tour de Dubai, en voiture évidemment ! De nuit, on peut voir les immeubles, les malls, la Burj Khalifa, et surtout toutes les énormes voies rapides qui desservent la ville. Mohammed vit à Dubai mais travaille à Abu Dhabi, où il se rend tous les jours en voiture. Cela fait beaucoup de route, mais il préfère l’ambiance de Dubai. Il peut y sortir, voir ses amis… C’est d’ailleurs à cette vie là qu’il nous initie pendant ces quelques jours. Originaire d’Egypte, il tient à nous faire goûter des spécialités de son pays. On mange, on mange, on mange ! On visite un peu la ville, mais toujours en voiture : un tour sur la Palm Jumeirah, on va voir le show des fontaines du Dubai Mall au pied de a Burj Khalifa, une promenade sur la plage et une soirée dans un café de la marina…

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Autour de la marina

Difficile de se déplacer autrement qu’en voiture, en fait. A vélo, on ne s’est pas sentis en sécurité du tout. A pied, c’est impossible ! Il faudrait traverser des voies rapides à pied… Chaque lot est en effet desservi et séparé des autres par une route très large et passante, et rien n’est prévu pour les piétons. Et les distances sont grandes ! On a testé les transports en commun, efficaces mais qui ne couvrent pas encore toute l’agglomération. Pour un trajet de 15 minutes en voiture, en bus et métro nous mettions plus d’une heure… Et les stations de métro sont souvent éloignées des bâtiments dont elles portent le nom. Le seul endroit où l’on peut marcher à Dubai, ce sont en fait les longs couloirs climatisés qui relient les stations de métro aux différents immeubles…

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Dubai Mall

… et les malls, bien sûr ! Nous avons passé plusieurs heures à visiter (et oui, ça se visite !) le gigantesque Dubai Mall, si grand qu’il contient même un aquarium avec un énorme bassin où l’on peut faire des initiations à la plongée sous-marine ! On y trouve aussi plusieurs fontaines, comme « la Cascade », qui nous a impressionnés. Tellement de boutiques, de restaurants, qu’on en aurait presque le tournis. Heureusement, nous sommes accompagnés dans notre visite par Anees, un jeune Indien fraîchement installé à Dubai pour le travail. Lui non plus n’est pas tendre à l’égard de la ville. Il dénonce les inégalités entre les plus modestes, souvent d’origine indienne, et les plus riches. « Il n’y a qu’à regarder qui prend le métro et qui se déplace en voiture ! »

Il est vrai que les inégalités sont criantes dans cette ville où la richesse saute aux yeux (jusqu’aux noms de stations de métro achetés par des entreprises !). Il y a énormément de petits boulots qu’on devine peu rémunérés : livreur de supérette, laveur de voiture… Dans le métro, il y a même une classe premium, avec des sièges plus confortables, et surtout, moins de monde en heure de pointe ! Une nouvelle raison pour ne pas nous faire aimer Dubai…

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Merci merci merci !

Nous gardons tout de même de ces quelques jours l’émotion de nos rencontres. Nous espérons pouvoir revoir Mohammed très vite. Il nous a d’ailleurs fait promettre d’aller visiter l’Egypte bientôt, en nous offrant par avance de petits souvenirs. Nous le quittons à l’aéroport où il a tenu à nous accompagner avec son amie, et où les adieux sont difficiles. Quant à Anees, il nous a mis en appétit en nous parlant de l’Inde. Nous avons hâte d’y arriver et surtout de revoir plusieurs membres de nos familles qui vont nous rejoindre à Mumbai !

Les photos sont par là !

3 commentaires

  1. Quel contraste avec l’Iran…
    Vivement la suite en Inde!
    Bisous à vous 2

  2. Ouais, un nouveau post….!!!!
    Je voyais Dubaï, un peu et pas comme ça….
    Tout pareil, comme Catherine A. , j’attends l’Inde aussi….
    Je vous embrasse, en tous les cas…

  3. Hors-norme, dirait-on… la ville… Tout comme la générosité de votre hôte! On se réjouit que le stress de cette étape ait été entouré de tant d’attention et de prévenance…
    Toujours autant de bonheur à vous lire.
    Gros baisers et pensées,
    NaThalie

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