Noël en Inde

Au revoir Dubai ! Notre avion atterrit à l’aéroport de Mumbai à 5h, heure locale. Autant dire qu’on est crevés, et il nous faut encore récupérer nos 8 sacoches et nos vélos. Ceux-ci semblent intacts, ouf !

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On a un peu stressé, mais tout va bien !

De l’aéroport, nous prenons le taxi pour aller chez Ankit, notre hôte qui habite à quelques kilomètres. Notre première traversée de Mumbai envoie un choc à tous nos sens. L’ouïe déjà : la circulation est infernale et c’est à celui qui klaxonnera le plus fort. Ajoutez à cela les nombreux vendeurs de rue et le brouhaha de le foule omniprésente. Car oui, en Inde, il y a du monde. Dans les villes, les trottoirs sont toujours bondés et on est systématiquement en train d’affronter le flux des passants. On aperçoit beaucoup de misère et énormément de personnes que l’on devine vivre dans la rue.

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Arrivée du train à la gare de Mumbai

Le nez lui aussi est stimulé, car partout les rues débordent d’odeurs : senteurs d’épices, de poussière, ou bien souvent d’une pollution qui prend à la gorge. Et surtout, les yeux ne savent plus quoi regarder : les dames en saris magnifiques dans la rue, les hindous qui reviennent du temple le front orné d’un point de peinture rouge ou orange, le vendeur qui accroche une petite guirlande de piments et de fleurs à notre taxi, les vaches qui errent dans les rues en mangeant les ordures, ou les deux personnes qu’on pense être femmes transexuelles et qui passent entre les voitures en tapant deux fois dans leurs mains pour faire la manche ?

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On s’habitue très vite à croiser des vaches dans la rue

Ankit nous explique d’ailleurs que la transexualité est tout à fait acceptée en Inde, à l’inverse de l’homosexualité qui est toujours pénalisée. (Peut-être parce que plusieurs divinités hindoues comme Shiva changent de genre au fil des mythes ?). Il nous emmène à la découverte de la vie étudiante de Mumbai et de la bière nationale : la Kingfisher. On essaie pour la première fois un touk-touk, ces espèces de petits taxis à trois roues qui se faufilent merveilleusement dans le trafic.

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Un touk-touk file dans les rues de Mumbai

Le lendemain est le jour tant attendu : on retrouve mes parents à l’aéroport ! Le jour suivant, ce sont la maman et le petit frère de Salomé, Nathan, qui nous rejoignent pour dix jours de vacances en famille. Ça nous fait vraiment plaisir ! D’autant plus que la maman de Salomé a emporté dans ses valises quelques cadeaux de Noël : du vin et du fromage, qu’on avale avec gloutonnerie après plusieurs mois d’abstinence !

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Le père Noël a réussi à nous trouver !

On visite donc Mumbai tous ensemble. La ville est immense, on n’en aperçoit que le quartier colonial. Les rues regorgent de bâtiments qui ne dénoteraient pas dans les rues de Londres. Mais lorsque l’on se promène, on voit çà et là surgir des bâtiments à l’architecture plus fantasque, comme la majestueuse gare centrale. Même si la ville est la plus « européenne » que nous ayons visitée, la végétation luxuriante et l’activité dans la rue nous rappellent que oui, nous sommes bien en Inde.

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La grande gare Chhatrapati Shivaji, à Mumbai

Parmi nos sorties : on visite Elephanta Island, au large de Mumbai. L’île abrite un très ancien temple hindou, avec plusieurs fresques dépeignant des épisodes de la vie de Shiva. On va aussi au cinéma voir un blockbuster bollywoodien : Bajirao Mastani, l’histoire d’amour d’un guerrier. On n’a pas tout compris de l’intrigue (pas facile en hindi non sous-titré), mais on adore les chorés !

Après Mumbai, nous prenons un avion vers Jaipur, dans la province du Rajasthan. On emmène nos vélos d’un aéroport à l’autre dans le plus pur style indien : sur le toit du taxi, finement attachés avec une petite corde. Notre chauffeur se fait presque arrêter par la police à cause de son chargement non réglementaire mais il parvient à s’en tirer (et nous avec) en expliquant qu’il ne fait que quelques kilomètres. Ouf !

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C’est bon, ça tient !

Le soir de notre arrivée, on assiste à un mariage en face de notre hôtel. La mariée arrive masquée, accompagnée d’un cortège qui fait le plus de bruit possible. On l’installe sur une grande tribune où elle attend le marié, qui arrive en suivant le même cérémonial. Les dames sont vêtues de leur plus beau sari et parées de bijoux magnifiques. Les touristes de l’hôtel se font tous happer pour être pris en photo à côté de la mariée… L’ambiance de fête est amusante, mais on se retranche vite dans le calme de notre hôtel.

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Danse et musique au mariage

De Jaipur, nous avons un bilan mitigé. La vieille ville a été entièrement planifiée par un empereur Moghol au dix-huitième siècle : en résulte une grande uniformité des bâtiments, tous dans les tons ocre. Des centaines d’enfants jouent à faire planer leurs petits cerfs-volant carrés dans le ciel, donnant lieu à une vision très poétique dès lors qu’on lève les yeux. Mais Jaipur, c’est aussi la foule omniprésente, les cris des marchands et les klaxons des scooters qui tentent de se frayer de force un chemin dans les petites rues. Quand vient la nuit, l’ensemble devient vraiment oppressant et il est difficile de s’y sentir à l’aise.

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Dans les rues de Jaipur

On retrouve une tranquillité salvatrice en s’aventurant dans les collines voisines de Jaipur pour visiter le temple de Galta Ji, surnommé « temple des singes » en référence à la société de primates y aillant élu résidence. Niché dans une petite vallée, ce temple hindou possède plusieurs bassins sacrés dans lesquels les croyants viennent se baigner. On peut également y faire une offrande à Hanuman, le roi des singes, ou bien à l’omniprésent Ganesh, le dieu à tête d’éléphant. On reçoit en échange une bénédiction, symbolisée par un point de couleur rouge ou orange au milieu du front.

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Le bassin principal du temple, dans lequel se baignent les croyants

L’hindouisme nous est trop nouveau pour que nous ne comprenions tout ce qu’il se passe autour de nous, mais la multitude de dieux et de croyances nous fascine. Chacun peut revêtir plusieurs formes : il y a Vishnu le dieu protecteur de la Création, qui s’incarne en Rama et Krishna ; Shiva le destructeur et sa femme Parvati, parfois présentés comme une seule entité à la fois homme et femme ; Ganesh, apparemment le plus aimé de tous les dieux ; Brahma le créateur… Chaque dieu a ses fidèles, ses temples et tout un ensemble de coutumes associées. La spiritualité semble être au centre de la vie des gens, et l’on a l’impression de croiser un petit autel dans chaque rue. Ça fait beaucoup de choses à apprendre, et il est difficile de tout saisir !

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Ganesh, dieu à tête d’éléphant. Il est représenté partout !

De Jaipur, nous allons à Pushkar, une ville plus tranquille qui compte énormément de temples. Au centre de la ville, c’est un lac tout entier qui est sacré pour les hindous. Les croyants viennent y prier, y déposent des offrandes ou s’y baignent tout entiers. Pour approcher des rives du lacs, il faut retirer ses chaussures. Nous, on apprécie énormément la tranquillité de la ville, que l’on fasse le tour du lac où que l’on se promène dans les rues en observant chaque petit temple.

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Les ghat (marches qui descendent dans l’eau) du lac sacré de Pushkar

Dans la journée, nous nous déplaçons tous ensemble en mini-van, les vélos rangés dans leurs boîtes à l’arrière. Le mauvais état des routes, les chauffeurs de camion qui forcent le passage et le moteur poussif de notre véhicule font que l’on dépasse rarement les 40 kilomètres par heure de moyenne. On traverse de petit villages et l’on prend plaisir à contempler la campagne (ça ne vaut pas le vélo, mais c’est plus rapide). Même hors de la ville, il est surprenant de voir qu’il y a du monde partout : chaque mètre carré de terre est soit habité soit cultivé, et on voit toujours au moins un paysan occupé à travailler.

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La campagne autour d’Alwar

On visite un peu Mandawa et ses somptueuses haveli, de riches demeures marchandes. À Alwar on marche dans la campagne pour découvrir ses rizières et ses maisons modestes qui n’ont parfois ni porte ni fenêtres. On passe une demi-journée dans un parc naturel à observer des espèces d’oiseaux qu’on ne connaissait pas (sauf Nathan), et d’étranges bêtes mi-vaches mi-antilopes. On passe enfin à Agra, pour l’incontournable visite du Taj Mahal ! Le mausolée mérite sa réputation : il est sobre mais néanmoins plein de grâce !

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Le Taj Mahal !

En Inde, le repas typique se compose d’une soupe de lentilles (le dal) parfois accompagnée d’un autre petit plat : par exemple un curry de poulet, ou du panir (un fromage sans goût qui joue le rôle du tofu) aux épices. On mange tout ça avec des chapati, une sorte de petit pain plat délicieux qui se décline sous beaucoup de formes différentes : fourré, cuit au four, frit… Le repas est souvent très épicé, il faut s’y habituer !

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Un thali : repas complet avec plusieurs plats, du riz, des chapati et un dessert classique : le gulab jamun

On trouve également énormément de vendeurs de rue qui proposent toutes sortes de plats : salades de crudités, samossas… On peut acheter une noix de coco pour en boire le jus ou goûter un jus de canne à sucre, broyé sur place ! La découverte ultime reste le lassi, sorte de milk-shake à base de yaourt au goût de mangue ou de banane.

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Broyeur de canne à sucre dans les rues de Mumbai

Nos vacances se concluent dans la capitale, New Delhi. Ambiance particulière dans cette ville, puisque plusieurs fois les passants nous recommandent de ne pas nous éloigner des grands axes, pour notre sécurité. Il y a un grand contraste entre les nombreuses personnes que l’on voit véritablement vivre dans la rue (et y dormir la nuit) et les passants qui font du shopping sur la très occidentale Connaught Place. Près de notre hôtel, et comme partout en Inde, les rues sont jonchées de détritus (ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de système de ramassage, il n’y a seulement pas de sac poubelle et tout le monde jette ses déchets par terre). Lorsque l’on va se promener au parc Lodi, on découvre des rues beaucoup plus propres, plus calmes, dans lesquels circulent surtout de gros 4×4. Petit plaisir : on profite d’être dans une grande ville pour aller voir le dernier Star Wars au cinéma !

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Les familles viennent pique-niquer au parc Lodi, loin de l’agitation du reste de la ville !

Nos parents nous quittent le jour du Nouvel An. Nous les reverrons dans un peu plus de six mois ! Nous sommes un peu tristes, mais également impatients de nous remettre à pédaler. Car c’est la fin des vacances pour nous : les vélos sont enfin remontés, nous allons pouvoir reprendre la route vers le Népal. Première étape, pas la plus facile : sortir de New Delhi !

Les photos de ces dix jours sont ici.

4 commentaires

  1. Tout y est…effectivement, les 6 derniers mois vont être un peu longs mais tant de belles rencontres pour vous encore!
    Gros bisous

  2. Tant de belles photos! Et un univers si particulier…. On s’extasie, on est dérouté… fasciné…
    Encore une belle étape que vous nous faites partager!
    Vous semblez avoir repris un rythme soutenu de déplacement. Ce qui rend d’autant plus impatient de vous lire!
    Mais le rythme de parution d’articles est soutenu également: on se régale!
    Des pensées vers vous et de gros baisers!
    NaThalie

  3. On dit que Ganesh est le porteur de bonnes nouvelles. Il a peut-être un rôle de protection, et on l’offre aux enfants pour qu’ils réussissent leur collège ou leur diplome, pour accompagner la réussite de leur projet.
    Lors d’un festival de danse, certaines danseuses et danseurs ont reçu une petite statue de Ganesh pour les remercier de leur performance.

  4. Photos magnifiques, bien mieux cadrées que les miennes…
    Je te les échange contre 3 heures de Bajirao Mastani avec sous titrage….
    Ai reçu ce DVD, joli cadeau aujourd’hui….
    Bises à vous deux…

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