Là-haut sur le plateau

A Hoi An, nous retrouvons le soleil et décidons de prendre une journée de pause pour découvrir la ville. Enfin, nous avons tout de même nos priorités et la première, après une journée à pédaler dans le col des nuages, était de nous jeter à l’eau. Première baignade depuis la Croatie, et cela fait du bien, surtout à Rémi : « On dirait Quiberon mais en plus chaud ! ».

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Les belles vagues !

Le lendemain, on se lance à la découverte de la vieille ville de Hoi An, classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Ancien port de commerce important (aujourd’hui délaissée au profit de Da Nang), la ville compte nombre de vieilles demeures ayant appartenu à des marchands aisés et transmises à leurs descendants. On peut les visiter, bien qu’elles soient toujours habitées aujourd’hui. Les maisons mêlent différents styles architecturaux : chinois (la cour intérieure, lieu de la nature dans la maison, et le balcon), japonais (le toit), et toujours la division traditionnelle de la maison vietnamienne avec l’avant réservé à la boutique, la pièce à vivre centrale qui sert à la réception des invités, et l’arrière partie plus privée, avec la cuisine et les chambres. Nous étions plutôt attristés de voir que dans les maisons que nous visitions, les habitants en étaient réduits à ne vivre que dans une ou deux pièces, le reste étant complètement ouvert aux visiteurs.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Une maison dans la vieille ville de Hoi An

Nous avons néanmoins trouvé charmantes ces petites maisons richement décorées, et avons apprécié les explications données par les guides ou les habitants. Nous avons notamment appris que chaque année, pendant la saison des pluies, les maisons, proches de la rivière par laquelle étaient acheminées les marchandises, sont inondées. Il faut alors monter les meubles au premier étage, et la famille s’y réfugie, parfois avec quelques voisins, le temps que le niveau de l’eau redescende. Mais en 1964, l’eau a presque atteint le premier étage !

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Marques des inondations passées : et c’est comme ça chaque année !

Hoi An est une ville très agréable, pour pédaler ou se promener. La vieille ville est piétonne et le soir les rues s’animent et s’éclairent de lampions. Mais on y croise essentiellement des touristes et pour nous, qui avions déjà passé deux semaines au Vietnam, la mise en scène du folklore local était un peu dérangeante. On se croirait finalement un peu à Disneyland, avec un très joli décor : lampions partout, les quelques locaux présents vendent des souvenirs, les restaurants et bars servent de la nourriture et des boissons adaptées à la clientèle touristique. Autant vous dire que ce n’est pas vraiment ce que nous recherchons…

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Le pont japonais, une des principales “attractions” de la ville

On essaie de retrouver une expérience un peu plus authentique en prenant nos repas sur le marché. On y retrouve des prix corrects, et on peut y découvrir les spécialités culinaires de Hoi An sous l’œil bienveillant des dames qui y tiennent leurs petites cantines. On goûte ainsi le banh xeo, une sorte de crêpe roulée à l’œuf, aux légumes et aux crevettes, et le cau lau, que j’ai adoré ! C’est un plat de nouilles dans une sauce de viande épaisse, et le goût diffère bien des plats vietnamiens auxquels nous sommes habitués.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Merci madame pour le bon repas !

Nous avons apprécié Hoi An, son côté paisible et la beauté de la vieille ville, mais déplorons son manque d’authenticité, sans doute paradoxalement accentuée par le classement Unesco. Nous avons maintenant hâte de découvrir une autre facette du Vietnam : les hauts-plateaux du sud-ouest. Nous quittons enfin l’axe principal nord-sud et la côte pour nous enfoncer dans les terres. On roule dans de petits villages, puis au milieu des rizières et de la jungle, avant de pouvoir rejoindre la Ho Chi Minh highway qui court à l’intérieur des terres. Les rivières sont sablonneuses et méandrent au milieu des collines. La jungle est impressionnante par la densité de son couvert ; on n’aimerait pas s’y perdre ! On pense beaucoup aux jeunes américains envoyés ici pendant la Guerre du Vietnam, et on s’imagine le choc que les paysages ont pu leur faire…

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Il y a moins de monde par ici…

L’arrivée dans les hauts-plateaux est sportive : vu le nom de la région, on aurait dû se méfier. Les dénivelés sont importants, et surtout les pentes sont fortes ! On maudit régulièrement les ingénieurs qui ont conçu la route. Enfin, il n’y a pas beaucoup de vélos ici comparé à sur la côte… On croise beaucoup de touristes en motos mais aucun à vélo. Bizarre… On passe ainsi plusieurs jours à monter et descendre, monter et descendre, et surtout descendre et monter. Ce n’est pas très bon pour le moral, mais heureusement, les paysages sont beaux.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Ca tire dans les jambes, mais ça valait le coup !

Les hauts-plateaux, c’est aussi une région où vivent des populations issues de minorités : alors que dans les plaines côtières, l’ethnie des Viêt était omniprésente, ici on traverse des villages Mon ou Cham par exemple. On les reconnaît à leurs superbes maisons communales, que nous avions découvertes au musée d’ethnographie de Hanoi. Ces grandes maisons surélevées et au toit impressionnant symbolisent le pouvoir masculin et accueillent les réunions du village, ou servent simplement de lieu de vie en commun. On en voit presque dans tous les villages. Ici, les maisons ne sont plus seulement en béton comme sur la côte mais beaucoup sont en bois ou en nattes (plus rares). Elles sont toujours très ouvertes et on retrouve des poules dans toutes les cours.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Une maison communale dans un petit village de la vallée

Ce sont nos derniers jours au Vietnam, et nous sommes récompensés de nos efforts par une demie-journée complète de descente jusqu’à la frontière avec le Cambodge. Cela nous fait du bien après quelques jours sans grand intérêt, avec la traversée des villes de Kontum et de Pleiku. Côté nourriture, nous avons tout de même réalisé une dernière découverte, de taille : le pho kho. C’est un pho, une soupe de nouilles, mais le « kho » indique qu’elle est caramélisée. En fait quand on en commande un, on nous apporte d’une part les nouilles, et d’autre part un bol de bouillon épais avec de la viande et des petits légumes. On démêle alors les nouilles tant bien que mal, puis on les trempe dans le bouillon. C’est délicieux !

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Pho kho !

C’est sur cette note sucrée-salée que nous quittons le Vietnam, après un séjour riche en découvertes mais néanmoins en demi-teinte : nous regrettons un peu de ne pas avoir pu être plus proches des Vietnamiens. C’est jusqu’à présent le pays où nous avons le plus dormi en chambre d’hôtes… Mais la beauté des paysages et la nourriture délicieuse à eux seuls valent le détour !

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Au revoir le Vietnam !

Et pour plus de photos, c’est par ici !

8 commentaires

  1. Ouf! Bienvenue la journée de descente…
    Merci pour ce nouveau récit! Je crois qu’en effet, c’est le premier dans lequel vous n’ayez aucun hôte à remercier… Une gentille cuisinière au beau sourire néanmoins…
    Des pensées pour la suite, que l’on devine relativement pentue elle aussi 😉
    Toujours avec beaucoup d’admiration pour votre courage et votre ténacité.
    Gros baisers affectueux à tous deux,
    Nathalie

  2. Ca a l’air très beau….je comprends votre frustration . Le pays veut montrer son plus beau visage, sans comprendre que ce n’est pas ce que tout le monde recherche. Ils vont s’ouvrir petit à petit , espérons.
    Grosses bises à vous deux. Hate de lire la suite.

  3. bonjour à vous,
    Je découvre votre périple d’image en image … merci pour le partage qui donne bien entendu gout au voyage! Le passage des montées des descentes m’a ramené à des instants de ma vie, notamment lorsque je dérivais sur mon vélo à travers les plaines de Pologne… monter descendre ! monter descendre ! Merci … en attendant la suite.

  4. Ouh, là… ça sent le petit coup de mou….
    Après les chapeaux ronds, pointus ou bretons, un air de Quiberon…..Tenez bon!!!!!!!!!!!!!!!
    D’autant que l’Amérique du sud,
    je ne m’en fais pas une idée de platitude…
    Courage, palsambleu….!!! Nous sommes avec vous!!!!!!
    Mais un petit coup de mou, que à 6000 kms, c’est plutôt pas mal et encourageant, non?….

  5. Salut les cyclistes globe-trotters
    Quel plaisir de recevoir votre carte postale du Viêt Nam dans notre boîte aux lettres en rentrant de l’école (à vélo) ! Continuez de pédaler et de nous faire voyager. Peut être que c’est pas des ingénieurs qui ont tracé les routes vietnamiennes, c’est pour ça qu’elles sont mal fichues ! Des hauts des bas c’est ça le vélo. On vous embrasse.
    Fred, Anne, Matiu et Chloé

  6. Message rapide pour saluer ce premier mouvement de votre petite flèche sur ce continent.
    Mille pensées et gros baisers.
    NaThalie

  7. Un petit coucou pour vous dire un grand merci pour votre carte que nous avons bien reçue la semaine dernière.
    Tout à l’air de bien se passer, profitez pleinement de chaque jour de votre magnifique voyage.
    Bises
    La famille Percher

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *