Intermède espagnol

L’avion se pose à Madrid en plein milieu de la nuit. Nous remontons nos vélos en vitesse et trottinons à travers l’aéroport pour attraper de justesse le dernier métro (appréciant au passage le plaisir de passer facilement la douane avec nos passeports européens). On arrive ainsi assez facilement en plein centre de Madrid, il n’y a plus que quelques kilomètres à parcourir en filant dans des rues désertes pour atteindre l’appartement où nous logeons.

Métro + vélo, la combinaison parfaite !

Les rues nous frappent par leur familiarité. Cela tient à peu de chose, sans doute au style des bâtiments, la présence d’une voie de bus le long du boulevard, l’agencement des rues piétonnes… Toujours est-il que l’on sent qu’on est de retour en Europe et que la France n’est pas loin. C’est à la fois excitant et rassurant !

Le Ciné Doré, dans la calle Santa Isabel

La maman de Salomé nous rejoint le lendemain matin et c’est ensemble que nous allons découvrir la ville. Je n’étais jamais allé à Madrid auparavant et découvre avec joie des rues vivantes, colorées, dans lesquelles plane un sentiment de tranquillité. Entre les parcs, les restaurants et les musées (dont celui de la Reina Sofia, à deux pas de notre hôtel et gratuit à partir de 18h), nous avons de quoi nous tenir occupés pendant ces quelques jours. Quelques visions insolites : le temple égyptien de Debod transporté pierre par pierre au milieu de la ville, ainsi que le passage dans les rues de cavaliers en tenue d’apparat encadrant la voiture d’un dignitaire algérien.

Le temple égyptien de Debod, un OVNI au milieu des immeubles

Nous comptons prendre notre temps pour remonter vers la frontière française. D’ailleurs, notre première étape nous en éloigne : nous partons en effet vers la petite ville de Gandia sur la côte méditerranéenne où Valentin, l’un de mes amis, passe ses vacances en famille. Pour ça, direction la gare de Madrid où nous attend un train vers Valencia. Mis à part un peu de stress dû à un changement de voie annoncé quelques minutes avant le départ, il est assez facile d’embarquer les vélos dans le train. Celui-ci avance lentement en nous laissant découvrir les paysages secs et rocailleux de cette partie de l’Espagne.

Nous ne attardons pas à Valencia et enfourchons tout de suite nos vélos pour aller directement vers Gandia, 40km au sud. Les premiers kilomètres nous font passer par une piste cyclable qui longe la côte, et l’on éprouve un certain plaisir à retrouver une mer qui borde aussi les côtes françaises. Et lorsque le chemin s’éloigne de la côte, c’est pour mieux nous entraîner parmi les vergers d’orangers qui sont en fleur à cette époque de l’année… L’odeur est incroyable !

Entre Valencia et Gandia, le village d’El Pouet : dédicace à l’Ernestophone

Tout ceci serait presque parfait si nous n’avions pas à affronter un sacré vent de face qui nous laisse arriver épuisés à Gandia. Heureusement, Valentin et sa famille nous accueillent chaleureusement sur la plage (même si le volley n’aide pas à se reposer). C’est le premier copain qu’on retrouve depuis notre départ en septembre dernier, et tout se passe comme si nous n’étions jamais partis (bon, on a quand même plus d’histoires à raconter que d’habitude).

Séjour en famille

Nos hôtes connaissent bien la région et nous emmènent visiter. On découvre notamment le château de Guadalest, construit sur un pic rocheux par les Maures quand cette partie de l’Espagne était un agrégat de petits royaumes arabes plus ou moins indépendants. Et on mange ! Les espagnols aiment l’huile d’olive, on le découvre en dégustant tapas et tortilla (omelette de pomme de terres) ; en guise de café, nous avons droit au bombon, moitié café moitié lait concentré, facile à boire pour les palais sensibles comme le mien.

Le château de Guadalest, perché sur les hauteurs

Après un tel accueil, c’est avec un peu de tristesse qu’on quitte la famille de Valentin. Un peu comme si c’était la fin des vacances… Mais à partir de maintenant, chaque coup de pédale nous rapprochera de la France. Contents des quelques jours de repos à Gandia, notre but est de prendre notre temps sur le chemin du retour.

Le marché couvert de Valencia et sa sélection importante de charcuteries

On commence donc par revenir à Valencia pour la visiter tranquillement. Cette ville a pour particularité d’avoir détourné dans les années soixante le fleuve qui la traversait de part en part pour en faire un immense parc. C’est en particulier très pratique pour… les vélos ! car cette bande de verdure tout en longueur permet d’arriver dans le centre-ville sans apercevoir l’ombre d’un seul véhicule à moteur. La visite du centre historique, rempli de beaux immeubles et de fresques murales, s’accommode parfaitement d’une dégustation d’un sandwich à la pata negra, qui est tout simplement le meilleur jambon que nous ayons jamais mangé.

À vélo dans les rues de Valencia

Notre hôte nous emmène à vélo découvrir la campagne toute proche et une horchateria, dont l’esprit est proche des estaminets des Flandres. Il s’agit d’un grand établissement à l’ambiance familiale où l’on vient boire un café ou manger une pâtisserie, pendant que les enfants s’amusent à l’extérieur. Mais l’horchateria, c’est avant tout le lieu où l’on produit l’horchata, une boisson typique de la région de Valencia (d’ailleurs, on écrit orxata en valencien). C’est un jus sucré que l’on obtient à partir de tubercules de souchet, servi glacé et accompagnés de fartones, sortes de petites brioches. Et c’est vraiment délicieux !

Un verre d’horchata et son fartón. Miam !

Nous finissons par laisser la côte derrière nous pour nous élancer vers le Nord-Ouest et les Pyrénées avec ce qui sera la dernière partie de notre voyage. Maintenant que nous ne sommes plus contraints par le calendrier des billets d’avion, notre but est d’avancer à un rythme plus tranquille que ce à quoi nous sommes habitués. Dorénavant, chaque coup de pédale nous rapprochera de chez nous !

Les photos sont par ici.

Un commentaire

  1. On avait perdu l’habitude de guetter vos articles, en oubliant qu’il restait quelques chapitres à découvrir…
    Je retrouve donc le plaisir de découvrir les photos, toujours aussi magnifiques, et le récit de vos aventures.
    Auquel s’ajoute celui de reconnaitre certains sites. Mais le temple égyptien, comment avons nous pu l’ignorer, Salomé???
    Allez, chapitre suivant!
    Baisers,
    Nathalie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *